Les alignements de Carnac sont un ensemble de quatre sites mégalithiques (Kermario, le Ménec, Kerlescan, Petit Ménec), situé sur les communes de Carnac et de La Trinité-sur-Mer. Constitués de menhirs et d'enceintes mégalithiques associés à des tombes individuelles (tumulus mégalithiques) ou collectives (dolmens) s'étirant sur plus de quatre kilomètres, ces alignements mégalithiques, érigés vers 4 500 ans avant J.C, sont les ensembles mégalithiques les plus célèbres de France et les plus impressionnants de cette période, avec près de 3 000 pierres levées. Si désormais, chaque site semble isolé, au Néolithique, une continuité visuelle existait entre ces différents alignements. Face aux destructions constatées, les alignements sont protégés au titre des monuments historiques dès 1889. Victimes de leur succès touristique, les sites feront l'objet de mesures strictes d'aménagements et de régulation dès le début des années 1990 par le Centre des monuments nationaux. En juillet 2025, les alignements sont inscrits sur la liste de l'UNESCO au Patrimoine mondial dans le bien des mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan. Histoire Destructions : Dès 1840, Prosper Mérimée s'inquiète des destructions opérées dans les alignements de Carnac. En 1629, de nombreuses pierres sont prélevées et débitées pour construire l'église de Carnac. Tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les alignements de Carnac servent de carrière de pierre pour toutes les constructions locales (clôtures des champs, phares, maisons, canaux, routes, chemins de fer…). Théories développées au XVIIIe siècle modifier Les premières mentions des sites ne sont pas antérieures à la deuxième moitié du XVIIIe siècle. À l'époque, les antiquaires, cherchant une explication à l'ampleur des alignements, développent des interprétations d'autant plus fantaisistes que certains d'entre eux parlent des alignements sans probablement jamais les avoir vu. En 1732, l'écrivain André-François Boureau-Deslandes voit dans ces pierres des vestiges du Déluge. D'autres érudits attribuent les alignements aux Romains et contribuent à la diffusion de la thèse du « camp de César ». En 1755, Royer de la Sauvagère, officier du génie, émet l'idée que les alignements seraient les vestiges d'un camp romain, datant de la Guerre des Gaules, ayant contenu de 13 000 à 14 000 hommes, et que les soldats romains auraient dressés les pierres pour protéger leurs tentes du vent. Dans sa Description historique, topographique et naturelle de l'Ancienne Armorique ou Petite Bretagne rédigée vers 1753-1755, Christophe-Paul de Robien donne la première représentation connue des menhirs de Carnac (alignements de Kermario), qu'il qualifie d'« antiquités gauloises », et souligne que les pierres semblent avoir été disposées selon leur ordre de taille[6]. Robien remet en question l'hypothèse qu'il s'agirait d'un ancien cimetière. En 1764, Anne-Claude de Caylus réfute la thèse de la Sauvagère et estime que les alignements résultent de l’installation d'une population étrangère venue s'établir en territoire vénète.
