Au 16e siècle, Belleville est un village extérieur à Paris, prénommé “Belleville-sur-sablon”, histoire de le distinguer d’autres localités, qui sont auto-décerné ce même compliment… Cette commune n’avait au départ pas de paroisse, avant que ces habitats obtiennent de l’évêché une chapelle, construite en 1548, puis une première église en 1635. Sauf qu’au 19e siècle, ce premier édifice ne convenait plus, devenu probablement trop petit pour accueillir les Bellevillois, devenus trop nombreux, le faubourg s’étant alors bien urbanisé. En 1854, une nouvelle construction débute, dans le style en vogue à l’époque : le néo-gothique (qui remet au goût du jour les formes médiévales). Cinq ans furent nécessaires à l’édification de cette nouvelle église, l’une des premières de ce style à Paris, prénommée Saint-Jean-Baptiste de Belleville. Composée de deux clochers, de 8 chapelles latérales, elle mesure 68 mètres de longueur, 25 mètres de largeur, pour une hauteur de 57 mètres (au bout des flèches !). Dernière œuvre de l’architecte Jean-Baptiste Antoine Lassus (1807-1857), qui a passé sa vie à travailler sur des églises, elle en serait la plus aboutie. Comme bien souvent, dans des cas similaires, il ne verra pas le chef d’œuvre qu’il a imaginé. Il décédera deux ans avant la fin du chantier, laissant un de ses élèves la terminer. C’est entre ses murs que la chanteuse Edith Piaf fut baptisée. Classée monument historique en 2015, elle est le monument autour duquel s’organise la vie du quartier Jourdain. >> 139, rue de Belleville
