Remembering is gardening, 2025

Exposition d'art contemporain au K.A.B

Paris 17e Exposition
Exposition · dès le 21 octobre 2026

À l’intérieur du square des Batignolles, d’étranges créatures ont élu domicile dans une serre. Sous cet abri de verre, les œuvres de Louise-Margot Décombas semblent veiller discrètement sur les passant·es, à moins qu’elles ne les épient, attendant le soir pour se mettre en mouve…

Le détail

EXPOSITION DU 21 octobre au 15 novembre 2026Une datura sous l'oreiller

Installation in situ de Louise-Margot Décombas

Commissariat et texte : la collective glitch (Zélia Bajaj & Chloé Bonannini)

Direction artistique : Nathalie Borowski - Hubert Rivey

Vernissage ouvert à tous.tes le mercredi 21 octobre de 17h à 19h

À l’intérieur du square des Batignolles, d’étranges créatures

ont élu domicile dans une serre. Sous cet abri de verre, les œuvres de

Louise-Margot Décombas semblent veiller discrètement sur les passant·es, à

moins qu’elles ne les épient, attendant le soir pour se mettre en mouvement.

Leur présence transforme le Kiosque en un lieu d’hybridation, à

la lisière de la chambre, du jardin et du laboratoire. En son centre, les

formes organiques et usuelles fusionnent, se distordent et changent de couleurs

pour faire naître de nouvelles entités. Au crépuscule, les créatures

s’éveillent : les plantes respirent ou diffusent une lueur, les surfaces douces

se hérissent de picots et les objets changent d’échelle comme pour affirmer

leur subjectivité. Face à cette nature fantasmée, difficile de savoir si notre

esprit nous joue des tours ou si nous rêvons les yeux ouverts. Peut-on se fier

à ce mobilier hybride pour y trouver refuge, ou faut-il rester sur nos gardes ?

Les trois sculptures de Louise-Margot Décombas brouillent nos

repères tout en nouant une relation matérielle et affective avec les objets qui

nous entourent. D’une œuvre à l’autre, le mobilier devient abri, corps ou

organisme, faisant affleurer derrière les usages coutumiers des formes de vie

inattendues. Les œuvres nous invitent à considérer les objets du quotidien

comme des présences actives et familières, agissant sur l’espace et les autres

corps. Ces entités semblent alors moins habiter la serre qu’y développer leur

propre monde, à la fois intime et autonome.

Rappelant un songe ou un souvenir d’enfance, Une datura sous

l’oreiller prolonge cette atmosphère onirique et étrange : une fleur issue

du jardin s’est glissée dans l’espace intime de la chambre. L’oreiller, associé

au sommeil, aux souvenirs et aux rêveries, suggère ce moment où les frontières

entre ce qui est vécu, imaginé et remémoré deviennent poreuses. Fleur nocturne

et toxique, la datura est associée à l’hallucination et au trouble. Surnommée «

herbe aux sorcières », elle évoque aussi des savoirs empiriques liés aux

plantes, transmis en marge des savoirs institutionnels. Comme les œuvres de

l’exposition, elle fait surgir, derrière l’ordinaire, une vie insoupçonnée,

chargée d’affects et de souvenirs.

A propos :

Louise-Magot Décombas est diplômée des Beaux-Arts de Paris et

de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Elle vit à Paris et

travaille à La Cyberrance à Romainville. Dans sa pratique artistique, elle met

en scène des récits qui traduisent un attachement aux mobiliers du quotidien et

incorporent des lieux de vie issus à la fois de la sphère intime et de l’espace

public. Dans ses installations mêlant régulièrement sculptures et

photographies, elle s’attache à faire ressortir les affects et les souvenirs

qui les traversent. Ses recherches portent sur le détournement des habitats

standardisés par l’appropriation individuelle à l’image des quartiers

résidentiels, des villes ouvrières et des cités balnéaires, ainsi que sur les

formes désuètes bien qu’ordinaires du mobilier extérieur.

Avec le soutien de la Ville de Paris et le soutien de la Fondation des Artistes.

Source : Ville de Paris — Que faire à Paris ? (Licence ODbL) Voir la source · Texte de la licence