miniature d’un théâtre de ciment...

Galerie du Haut Pavé : Exposition de Clément ETIENNE

Paris 5e Exposition
Exposition · dès le 10 novembre 2026

L'esthétique de Clément Étienne est une alchimie entre matière, temps, théâtre et cinéma, où la transformation, l'incertitude et la mémoire des processus sont au cœur de l'expérience artistique.

Le détail

Le

cinéma irrigue profondément la pratique de Clément Étienne.

Plus

que les récits qu’il produit, l’artiste s’intéresse à sa matérialité : la

lumière, le décor, l’espace et les procédés qui donnent naissance à l’image.

Formé au design graphique avant de s’orienter vers les arts plastiques, il

développe une œuvre où peinture, dessin, sculpture et installation empruntent

aux techniques du peintre en décor comme à celles de l’image imprimée.

Ses

recherches prennent appui sur les récits d’anticipation, non pour en illustrer

les fictions, mais pour interroger les transformations de notre environnement.

Hôtels désertés, théâtres abandonnés, architectures minérales ou paysages

traversés par les intempéries composent des espaces où les éléments semblent

reprendre possession des lieux. Le feu, la pluie, l’air ou l’oxydation

deviennent alors des forces qui transforment l’image et révèlent la fragilité

des constructions humaines.

Cette

attention portée aux phénomènes traverse l’ensemble de son travail. Aérographe,

plâtre, mortier, patines ou réactions chimiques deviennent des moyens

d’explorer les capacités de transformation de la matière. Les surfaces se

brûlent, se décolorent, se chargent de pigments ou conservent l’empreinte d’une

forme disparue. L’image semble alors apparaître d’elle-même, comme si elle

conservait la mémoire des processus qui l’ont fait naître.

Entre

peinture, sculpture et installation, Clément Étienne entretient une incertitude

du regard. Les échelles se troublent, les matières se confondent, les décors

paraissent parfois réels tandis que l’architecture devient illusion.

En

déplaçant le cinéma de l’écran vers l’espace d’exposition, il fait de l’image

une matière sensible, traversée par le temps, la lumière et les éléments, où la

fiction continue de se construire.

Texte de Steven Vandeporta

Source : Ville de Paris — Que faire à Paris ? (Licence ODbL) Voir la source · Texte de la licence