Le Giornate del Cinema Muto, sélection du festival de Pordenone 2026

Le Giornate del Cinema Muto, sélection du festival de Pordenone 2026

Paris 13e Cinéma
Cinéma · dès le 11 novembre 2026

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose, comme chaque année, une sélection de films programmés lors de la 45e édition des Giornate del cinema muto de Pordenone, conçue en collaboration avec le directeur du festival Jay Weissberg qui présentera plusieurs séances du 17 au 20…

Le détail

On se demande souvent si, après

quarante-cinq éditions, les Giornate del Cinema Muto ont déjà projeté la

plupart des films muets dignes d’être vus. La réponse est un « non »

catégorique. Il reste encore tant à découvrir, comme le prouve la sélection de

cette année.

Nous pensons bien connaître le

cinéma de Weimar, mais cette certitude s’avère infondée dès que l’on se plonge

dans l’une des sections les plus importantes de cette année : « Weimar

sans censure. Tabous et transgressions dans le cinéma allemand, 1919-1920 ». Dans

Die Teufelskirche, une femme sensuelle vend son âme

au diable pour avoir un enfant, tandis que le désir d’un pasteur de se doter

d’une nouvelle église l’empêche de voir les conséquences de son alliance avec

le mal. L’intrigue de Heddas

Rache est encore plus surprenante : elle met en scène une jeune

femme qui cherche à se venger de l’homme qui a contraint sa mère à se

prostituer. Cette section est complétée par la nouvelle restauration, réalisée

par le Filmmuseum de Munich, du film Genuine

de Robert Wiene, une rêverie expressionniste dans laquelle Fern Andra, qui

incarne une vampire lubrique, a soif du sang d’hommes séduisants.

Nous poursuivons la série lancée

l’année dernière consacrée à la diva italienne Italia Almirante Manzini avec

deux nouveaux titres : La

grande passione (1922), une histoire de rivalité amoureuse

magnifiquement interprétée, et la superproduction L’arzigogolo

(1924), sortie en France sous le titre La belle dame sans pitié. Toujours

en Italie, nous projetons deux films produits par Film d’Arte italiana : Stellina,

la pêcheuse de Venise (1912), aux magnifiques couleurs réalisées au

pochoir, et Il

Romanzo di Maddalena (1913), tourné au milieu des monuments de

Rome. Les prises de vues en extérieur jouent également un rôle clé dans la

coproduction germano-italienne Villa

Falconieri (1928), réalisée par Richard Oswald.

En direction du Nord, Gyurkovicsarna (1920) est une

charmante adaptation suédoise d’un roman hongrois, réalisée par John A. Brunius

et mettant en vedette son épouse Pauline Brunius, qui a également coécrit le

scénario avec le célèbre acteur Gösta Ekman.

Gloria Swanson qualifiait le réalisateur américain Marshall

Neilan « d’homme le plus envoûtant d’Hollywood », mais il était bien plus que

cela : c’était un excellent réalisateur, très apprécié de ses acteurs et de son

équipe. Nous projetons deux raretés : The

Girl at Home (1917), avec Jack Pickford et Diplomacy

(1926), adapté de la pièce Dora de Victorien Sardou et mettant en

vedette l’épouse de Neilan, Blanche Sweet.

Les relations franco-américaines

occupent une place centrale dans la splendide nouvelle restauration, réalisée

par la Cinémathèque française, du film de Léonce Perret N’oublions

jamais !, dans lequel Rita Jolivet revit son expérience poignante à

bord du Lusitania. Une autre grande diva – Pola Negri – est à l’honneur

grâce à un fragment de film datant de 1920, par ailleurs perdu : Die

Marchesa d’Armiani, qui met en valeur la grâce féline et la

prestance physique de la star.

Enfin, avec Don

Q, son of Zorro (1925), nous savourons la joie pure des aventures

de cape et d’épée incarnées par Douglas Fairbanks au sommet de son énergie,

grâce à une restauration éclatante réalisée par le Danske Filminstitutet.

Source : Ville de Paris — Que faire à Paris ? (Licence ODbL) Voir la source · Texte de la licence