Si je pouvais, je ne mettrais pas la moindre étoile à ce théâtre si prompt à oublier l’humanisme qu’il prétend servir. Me voilà coupable d’une erreur anodine : avoir confondu l’horaire du spectacle. Je croyais devoir arriver à 20h30, il commençait à 19h. Découvrant mon erreur en chemin, j’ai choisi de me rendre malgré tout sur place, espérant un minimum de compréhension. J’ai expliqué la situation au responsable de la billetterie — erreur sincère, aucun désistement volontaire. Sa réponse fut sèche : “Si vous aviez prévenu avant, j’aurais pu faire un geste.” Mais comment prévenir ce que l’on découvre trop tard ? Sans autre considération, il m’a simplement souhaité bonne soirée. Quelle ironie dans un lieu censé célébrer la profondeur humaine par le spectacle ! Le théâtre est un espace où l’empathie et la création devraient l’emporter sur le calcul froid du commerce. Un geste simple aurait suffi : proposer une autre date, offrir une place à tarif réduit, ou au moins rembourser une partie du billet. Rien. Cinquante euros envolés, et le sentiment que la culture, là-bas, a perdu un peu de son âme.












