Georges Perec, modes d'emploi
La BnF consacre à l’écrivain Georges Perec (1936-1982), figure majeure de la littérature française du XXe siècle et membre emblématique de l’Oulipo, une grande exposition de près de 300 pièces. Auteur notamment des Choses, de La Disparition et de La Vie mode d’emploi, traduit da…
L’exposition en brefPensée comme une exposition « modes d’emploi », cette présentation réunit près de 300 pièces et invite à découvrir ou mieux connaître une œuvre polymorphe. Manuscrits, photographies, peintures, dessins et objets conservés à la Bibliothèque nationale de France, sur son site de l’Arsenal (Paris IVe), interrogent ainsi le « mythe Perec », tout en dévoilant, en miroir de ses écrits, l’homme derrière l’œuvre.
Une vie mode d’emploiGeorges Perec a commencé dramatiquement sa vie : son père meurt en 1940 lors des premiers combats de la Seconde Guerre mondiale, sa mère est déportée et assassinée à Auschwitz en 1943 et lui-même passe l’Occupation comme « enfant caché » dans le Vercors. Après des débuts difficiles, le succès littéraire arrive en 1965 avec Les Choses, s’estompe un peu puis ressurgit en 1978 grâce au succès de La Vie mode d’emploi. Après le décès brutal de Perec à 46 ans, son œuvre n’a cessé de gagner en importance et reconnaissance jusqu’à son entrée dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade en 2017.
Des voyelles et une absente, parcours dans l’œuvre et la vie de PerecLudique et interactif, le parcours de l’exposition se déploie en six espaces pensés comme les voyelles de l’alphabet. À travers ces étapes, il donne à voir une œuvre dont la découverte révèle aussi l’homme qui se cache derrière les textes.
Notes, manuscrits, tapuscrits et publications dialoguent avec photographies, dessins, peintures et objets (un vélo, une machine à écrire) pour tisser avec le visiteur une relation où la notion de jeu, si présente chez Perec et ses amis oulipiens, occupe une place centrale.
Espace A : le premier espace présente la grande diversité d’une œuvre protéiforme, particulièrement perceptible dans les tentatives de jeunesse et les premières publications, comme Les Choses (prix Renaudot 1965), et Un homme qui dort, que l’écrivain adapta au cinéma en 1974.
Espace [E] : référence à l’une de ses œuvres les plus célèbres, La Disparition, dans laquelle la lettre E n’apparaît jamais, cet espace mystère évoque l’absence et compose, en creux, le portrait de celui que l’exposition convoque.
Espace I : cet espace montre l’usage libératoire de la contrainte dans la construction et l’écriture de romans (La Disparition) comme de poèmes (Alphabets), nourri par son compagnonnage avec l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), groupe de recherche littéraire fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais.
Espace O : cette partie s’attache à l’attention portée aux choses communes et ordinaires, qui composent le décor quotidien et définissent une génération comme un individu. Y sont évoqués Je me souviens et Espèces d’espaces, aujourd’hui prolongés par de nombreux créateurs et qui invitent aussi leurs lecteurs à poursuivre le geste.
Espace U : lorsque sa volonté de totalité s’appuie sur les contraintes pour réhabiliter réalisme et ambition épique, Perec construit La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978), son chef-d’œuvre, dont les étapes de création sont présentées à partir des manuscrits préparatoires.
Espace Y : la dernière section de l’exposition témoigne de la foi en la littérature comme remède, recherche salvatrice et affirmation vitale, par-delà les traumatismes d’une enfance volée (W ou le souvenir d’enfance) ou l’interrogation sur l’exil (Récits d’Ellis Island).
Une source d’inspiration pour les créateurs de tous horizonsLes nombreuses résonances de l’œuvre de Perec chez les artistes contemporains sont évoquées par la présentation de plusieurs oeuvres plastiques ou graphiques de Christian Boltanski, Sophie Calle, Sam Szafran, On Kawara ou Roman Opalka ; des maquettes de Clarence Stiernet, des broderies du groupe Perecofil, dessins de Brecht Evens ou Étienne Lécroart… L’exposition propose également de découvrir le talent méconnu, sinon inédit, de Georges Perec comme dessinateur et peintre. Enfin, une sélection d’extraits de films rappelle sa participation à plusieurs réalisations cinématographiques.
Le vrai du faux à la bibliothèque de l’ArsenalEn parallèle, une annexe de l’exposition consacrée à Perec, Le vrai du faux, est présentée gratuitement à la bibliothèque de l’Arsenal, site de la BnF où sont conservées les archives de l’écrivain depuis 1984. Cette proposition invite à interroger avec impertinence la figure du faussaire, souvent motrice dans l’œuvre perecquienne, ainsi que ses jeux de trompe-l’œil.
La BnF consacre à l’écrivain Georges Perec (1936-1982), figure majeure de la littérature française du XXe siècle et membre emblématique de l’Oulipo, une grande exposition de près de 300 pièces. Auteur notamment des Choses, de La Disparition et de La Vie mode d’emploi, traduit da…
Du 13 octobre 2026 au 14 février 2027
L’exposition en brefPensée comme une exposition « modes d’emploi », cette présentation réunit près de 300 pièces et invite à découvrir ou mieux connaître une œuvre polymorphe. Manuscrits, photographies, peintures, dessins et objets conservés à la Bibliothèque nationale de France, sur son site de l’Arsenal (Paris IVe), interrogent ainsi le « mythe Perec », tout en dévoilant, en miroir de ses écrits, l’homme derrière l’œuvre.
Une vie mode d’emploiGeorges Perec a commencé dramatiquement sa vie : son père meurt en 1940 lors des premiers combats de la Seconde Guerre mondiale, sa mère est déportée et assassinée à Auschwitz en 1943 et lui-même passe l’Occupation comme « enfant caché » dans le Vercors. Après des débuts difficiles, le succès littéraire arrive en 1965 avec Les Choses, s’estompe un peu puis ressurgit en 1978 grâce au succès de La Vie mode d’emploi. Après le décès brutal de Perec à 46 ans, son œuvre n’a cessé de gagner en importance et reconnaissance jusqu’à son entrée dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade en 2017.
Des voyelles et une absente, parcours dans l’œuvre et la vie de PerecLudique et interactif, le parcours de l’exposition se déploie en six espaces pensés comme les voyelles de l’alphabet. À travers ces étapes, il donne à voir une œuvre dont la découverte révèle aussi l’homme qui se cache derrière les textes.
Notes, manuscrits, tapuscrits et publications dialoguent avec photographies, dessins, peintures et objets (un vélo, une machine à écrire) pour tisser avec le visiteur une relation où la notion de jeu, si présente chez Perec et ses amis oulipiens, occupe une place centrale.
Espace A : le premier espace présente la grande diversité d’une œuvre protéiforme, particulièrement perceptible dans les tentatives de jeunesse et les premières publications, comme Les Choses (prix Renaudot 1965), et Un homme qui dort, que l’écrivain adapta au cinéma en 1974.
Espace [E] : référence à l’une de ses œuvres les plus célèbres, La Disparition, dans laquelle la lettre E n’apparaît jamais, cet espace mystère évoque l’absence et compose, en creux, le portrait de celui que l’exposition convoque.
Espace I : cet espace montre l’usage libératoire de la contrainte dans la construction et l’écriture de romans (La Disparition) comme de poèmes (Alphabets), nourri par son compagnonnage avec l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), groupe de recherche littéraire fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais.
Espace O : cette partie s’attache à l’attention portée aux choses communes et ordinaires, qui composent le décor quotidien et définissent une génération comme un individu. Y sont évoqués Je me souviens et Espèces d’espaces, aujourd’hui prolongés par de nombreux créateurs et qui invitent aussi leurs lecteurs à poursuivre le geste.
Espace U : lorsque sa volonté de totalité s’appuie sur les contraintes pour réhabiliter réalisme et ambition épique, Perec construit La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978), son chef-d’œuvre, dont les étapes de création sont présentées à partir des manuscrits préparatoires.
Espace Y : la dernière section de l’exposition témoigne de la foi en la littérature comme remède, recherche salvatrice et affirmation vitale, par-delà les traumatismes d’une enfance volée (W ou le souvenir d’enfance) ou l’interrogation sur l’exil (Récits d’Ellis Island).
Une source d’inspiration pour les créateurs de tous horizonsLes nombreuses résonances de l’œuvre de Perec chez les artistes contemporains sont évoquées par la présentation de plusieurs oeuvres plastiques ou graphiques de Christian Boltanski, Sophie Calle, Sam Szafran, On Kawara ou Roman Opalka ; des maquettes de Clarence Stiernet, des broderies du groupe Perecofil, dessins de Brecht Evens ou Étienne Lécroart… L’exposition propose également de découvrir le talent méconnu, sinon inédit, de Georges Perec comme dessinateur et peintre. Enfin, une sélection d’extraits de films rappelle sa participation à plusieurs réalisations cinématographiques.
Le vrai du faux à la bibliothèque de l’ArsenalEn parallèle, une annexe de l’exposition consacrée à Perec, Le vrai du faux, est présentée gratuitement à la bibliothèque de l’Arsenal, site de la BnF où sont conservées les archives de l’écrivain depuis 1984. Cette proposition invite à interroger avec impertinence la figure du faussaire, souvent motrice dans l’œuvre perecquienne, ainsi que ses jeux de trompe-l’œil.