Soleil et Lune. Andreas Eriksson en dialogue avec Ivan Aguéli
L’Institut suédois consacre son exposition d’automne à Andreas Eriksson (né en 1975), figure majeure de la scène artistique contemporaine. Son œuvre méditative, aux tons terreux et végétaux, est mise en regard de celle d'Ivan Aguéli (1869 – 1917), artiste, penseur et grand voyag…
Andreas Eriksson construit des structures visuelles au moyen de blocs, de couches et de coups de peinture, qui peuvent être interprétés comme autant de façons d’éprouver le monde. Strates géologiques, minéraux, mousse, feuilles ou écorce… Ses tableaux sont des superpositions de matérialité, des accumulations d’énergie et de temps dans des densités et des formes variées. Son art est fondamentalement lié à un seul et même lieu : Medelplana, au pied du plateau Kinnekulle, dans le sud-ouest de la Suède, près du lac Vänern. Les couleurs terreuses et saturées de ses peintures proviennent des paysages qui entourent sa maison et constituent son quotidien.
Face aux peintures monumentales de Andreas Eriksson sont exposés une dizaine de petits formats d’Ivan Aguéli, peintre et mystique disparu au début du siècle dernier. Leur taille réduite nous indique un mouvement : ces œuvres ont été réalisées sur les chemins qui l’ont mené loin de sa Sala natale – petite cité minière, située dans une région montagneuse du centre de la Suède. Les paysages évoquent le sud ; ils sont délavés par le soleil, lumineux, les formes en sont réduites et simplifiées, presque cubistes, comme peintes à la hâte, avec ferveur. Les œuvres d’Ivan Aguéli ont été sélectionnées par Andreas Eriksson,qui a souhaité leur offrir une place à part entière dans son exposition. Par leur palette, leurs motifs, leur atmosphère et leur approche, les œuvres des deux artistes sont presque des contraires. La lumière éclatante et les vastes ciels d’Aguéli ; la terre sombre et minérale d’Eriksson.
Ivan Aguéli avait la conviction que l’art pouvait être un portail vers une vérité supérieure. Toute sa vie a été une quête incessante, portée par différentes doctrines spirituelles, politiques et esthétiques. Un voyage qui, depuis Sala, l’a conduit vers des horizons aussi lointains que Paris et le Caire. Du protestantisme luthérien de son enfance à la mystique de Swedenborg, et de l’anarchisme à l’islam ésotérique de la tradition soufie.
De prime abord, on se dit que les différences entre les deux artistes ne sauraient être plus grandes. Ivan Aguéli, l’anarchiste, le soufi, qu’une vie de vagabond en quête de sagesse aura conduit à une mort prématurée, dans un dénuement extrême. Et Andreas Eriksson, dont l’art naît d’un lieu unique. L’un en perpétuel mouvement, l’autre ayant fait de l’immobilité une condition nécessaire à la peinture. Mais en voyant leurs œuvres côte à côte, les différences biographiques semblent s’estomper. La présence du sensible est ce qui les unit. La terre, les pierres, les arbres chez Andreas Eriksson ; le ciel, le soleil et la lumière chez Ivan Aguéli. Ces peintures vivent dans une même atmosphère et répondent à une quête commune de vérité.
Parallèlement à l’exposition, un livre présente en miroir les œuvres des deux artistes. Avec un texte de Sara Arrhenius.
L’Institut suédois consacre son exposition d’automne à Andreas Eriksson (né en 1975), figure majeure de la scène artistique contemporaine. Son œuvre méditative, aux tons terreux et végétaux, est mise en regard de celle d'Ivan Aguéli (1869 – 1917), artiste, penseur et grand voyag…
Du 20 octobre 2026 au 10 janvier 2027
Horaires du lieu · Institut suédois
Andreas Eriksson construit des structures visuelles au moyen de blocs, de couches et de coups de peinture, qui peuvent être interprétés comme autant de façons d’éprouver le monde. Strates géologiques, minéraux, mousse, feuilles ou écorce… Ses tableaux sont des superpositions de matérialité, des accumulations d’énergie et de temps dans des densités et des formes variées. Son art est fondamentalement lié à un seul et même lieu : Medelplana, au pied du plateau Kinnekulle, dans le sud-ouest de la Suède, près du lac Vänern. Les couleurs terreuses et saturées de ses peintures proviennent des paysages qui entourent sa maison et constituent son quotidien.
Face aux peintures monumentales de Andreas Eriksson sont exposés une dizaine de petits formats d’Ivan Aguéli, peintre et mystique disparu au début du siècle dernier. Leur taille réduite nous indique un mouvement : ces œuvres ont été réalisées sur les chemins qui l’ont mené loin de sa Sala natale – petite cité minière, située dans une région montagneuse du centre de la Suède. Les paysages évoquent le sud ; ils sont délavés par le soleil, lumineux, les formes en sont réduites et simplifiées, presque cubistes, comme peintes à la hâte, avec ferveur. Les œuvres d’Ivan Aguéli ont été sélectionnées par Andreas Eriksson,qui a souhaité leur offrir une place à part entière dans son exposition. Par leur palette, leurs motifs, leur atmosphère et leur approche, les œuvres des deux artistes sont presque des contraires. La lumière éclatante et les vastes ciels d’Aguéli ; la terre sombre et minérale d’Eriksson.
Ivan Aguéli avait la conviction que l’art pouvait être un portail vers une vérité supérieure. Toute sa vie a été une quête incessante, portée par différentes doctrines spirituelles, politiques et esthétiques. Un voyage qui, depuis Sala, l’a conduit vers des horizons aussi lointains que Paris et le Caire. Du protestantisme luthérien de son enfance à la mystique de Swedenborg, et de l’anarchisme à l’islam ésotérique de la tradition soufie.
De prime abord, on se dit que les différences entre les deux artistes ne sauraient être plus grandes. Ivan Aguéli, l’anarchiste, le soufi, qu’une vie de vagabond en quête de sagesse aura conduit à une mort prématurée, dans un dénuement extrême. Et Andreas Eriksson, dont l’art naît d’un lieu unique. L’un en perpétuel mouvement, l’autre ayant fait de l’immobilité une condition nécessaire à la peinture. Mais en voyant leurs œuvres côte à côte, les différences biographiques semblent s’estomper. La présence du sensible est ce qui les unit. La terre, les pierres, les arbres chez Andreas Eriksson ; le ciel, le soleil et la lumière chez Ivan Aguéli. Ces peintures vivent dans une même atmosphère et répondent à une quête commune de vérité.
Parallèlement à l’exposition, un livre présente en miroir les œuvres des deux artistes. Avec un texte de Sara Arrhenius.