« Virages Vierges », l’exposition personnelle de Pauline Curnier Jardin
Intitulée « Virages Vierges », l’exposition personnelle de Pauline Curnier Jardin prend pour point de départ la notion de déviation, voire de déviance : le virage comme sortie de la ligne droite, abandon de la trajectoire stable au profit de l’incertitude et des chemins de trave…
L'exposition personnelle de Pauline Curnier Jardin interroge le corps féminin entre sacralisation et stigmatisation, avec un ton revendiqué comme irrévérencieux et indocile. C'est une proposition exigeante et engagée, à conseiller à un public curieux d'art contemporain qui n'a pas peur des œuvres qui bousculent. À qui aime que l'art pose des questions plutôt qu'il rassure.
Au Palais de Tokyo, Pauline Curnier Jardin déploie une exposition monographique d'envergure : installations vidéo, sculptures et productions nouvelles composent un parcours aux atmosphères fantasmagoriques, quelque part entre théâtre, cinéma et rituel. Les corps féminins y sont saturés d'histoires et d'injonctions, pris entre la figure de la sainte et celle de la prostituée, et l'artiste les rend à leur puissance désirante plutôt qu'à la passivité.
Le titre joue sur le double sens : la vierge comme corps assigné, et le territoire vierge comme espace de réinvention. Une nouvelle installation vidéo s'inspire d'un cinéma clandestin découvert en 2004 sous le Trocadéro, surnommé les arènes de Chaillot — un lieu où s'inventaient d'autres libertés, en écho au goût de l'artiste pour les espaces limites et les récits dissidents. Pour qui suit l'art contemporain et n'a pas peur des formes frontales.